On les croise dans presque tous les lieux autonomes filmés par Le Jeune Paysan ou L’ArchiPelle : une petite cabane au fond du jardin, un seau, de la sciure. Les toilettes sèches ont longtemps eu une image rustique, mais elles séduisent de plus en plus, y compris dans des maisons tout à fait classiques. Une chasse d’eau consomme souvent plusieurs litres par utilisation : supprimer cette eau potable qui part à l’égout est l’un des gestes les plus efficaces pour réduire sa consommation. Voici comment elles fonctionnent, comment en fabriquer et comment gérer le compost sans odeur.
Comment fonctionnent les toilettes sèches ?
Le principe est simple : on remplace l’eau par une matière sèche riche en carbone (sciure, copeaux, broyat). Après chaque passage, on en verse une poignée ou un gobelet. Cette litière absorbe l’humidité, couvre les matières et bloque les odeurs. Le contenu est ensuite composté, ce qui le transforme en un amendement utile au jardin.
Les principaux modèles
| Type | Principe | Pour qui |
|---|---|---|
| Toilettes à litière biomaitrisée (TLB) | Un seau sous une lunette, urine et matières ensemble, couvertes de sciure | Le modèle le plus simple et le moins cher, idéal avec un jardin |
| Toilettes à séparation | L’urine est dirigée à part, les matières restent sèches | Moins de vidanges, moins de litière, adapté aux vans et petits logements |
| Toilettes à compostage direct | Une chambre de compostage sous les toilettes | Installations fixes, souvent en maison individuelle |
Fabriquer ses toilettes sèches (modèle à seau)
Le matériel
- Un caisson en bois avec un couvercle et une lunette standard
- Deux ou trois seaux en inox ou en plastique alimentaire d’environ 20 litres
- Un bac de litière avec une écope
Les étapes
- Construisez un caisson à la hauteur d’une assise classique (environ 45 cm), légèrement plus haut que le seau.
- Découpez l’ouverture dans le plateau pour que le bord du seau arrive juste sous la lunette.
- Fixez la lunette et le couvercle avec des charnières.
- Prévoyez une porte ou un plateau relevable pour sortir le seau facilement.
- Avant le premier usage, versez quelques centimètres de sciure au fond du seau.
Quelle litière choisir ?
- Sciure ou copeaux de bois brut (non traité) : le classique, souvent gratuit chez les scieries et menuisiers.
- Broyat de branches fin : efficace, à condition qu’il soit bien sec.
- Feuilles mortes broyées : en appoint.
Évitez la sciure de bois traité, d’aggloméré ou de bois exotique. La règle d’or : il ne faut jamais rien voir après le passage. Si une odeur apparaît, c’est presque toujours qu’il manque de la litière.
Le compostage : l’étape essentielle
- Videz le seau dans un composteur dédié, distinct du compost de cuisine, dès qu’il est plein.
- Recouvrez chaque apport d’une couche de matière carbonée (paille, feuilles, broyat).
- Rincez le seau avec un peu d’eau, versez-la sur le compost, et laissez sécher le seau au soleil.
- Utilisez deux bacs en alternance : quand le premier est plein, on le laisse mûrir et on remplit le second.
- Laissez composter au moins un à deux ans avant utilisation.
Par précaution, utilisez ce compost au pied des arbres, des arbustes, des fleurs et des fruitiers plutôt que sur les légumes-feuilles ou les légumes racines consommés crus.
Que dit la réglementation ?
En France, les toilettes sèches sont autorisées par l’arrêté du 7 septembre 2009 relatif aux installations d’assainissement non collectif, à condition qu’elles ne génèrent ni nuisance pour le voisinage ni rejet dans le milieu naturel, et que les sous-produits soient valorisés sur la parcelle. Elles ne remplacent pas le traitement des eaux ménagères (douche, cuisine, lave-linge), qui doit rester conforme. En location ou en copropriété, demandez l’accord du propriétaire ou du syndic. En cas de doute, le service public d’assainissement non collectif (SPANC) de votre commune vous renseignera.
Avantages et limites
- Économie d’eau potable : souvent plusieurs milliers de litres par personne et par an.
- Un compost de qualité pour les arbres et massifs.
- Autonomie : aucun raccordement nécessaire, idéal pour une cabane, un atelier ou un jardin partagé.
- Limites : vidanges régulières, besoin d’un composteur et de place, adaptation pour les invités.
Les toilettes sèches complètent bien une récupération d’eau de pluie et un jardin en paillage permanent dans une démarche d’autonomie.
Questions fréquentes
Est-ce que ça sent mauvais ?
Non, si la litière est bien dosée et le seau vidé régulièrement. Des toilettes sèches bien gérées sentent le bois.
Que faire du papier toilette ?
Il va dans le seau et se composte avec le reste. Évitez les lingettes, même dites biodégradables.
Combien de temps tient un seau ?
Pour un seau de 20 litres, comptez quelques jours pour une famille. Les modèles à séparation espacent les vidanges.


